M’jid El Guerrab a publié un rapport relatif à la politique française des visas. Le député de la 9ème circonscription des Français de l’étranger nous explique dans cette interview exclusive les solutions évoquées pour faciliter les demandes de visas en provenance notamment d’Afrique.

Pourquoi avez-vous décidé de centrer votre mission sur le continent africain ?

Je suis régulièrement sollicité par des personnes désirant se rendre en France qui rencontrent des difficultés dans la procédure de délivrance de visas. Ce ressenti est la conséquence d’une importante demande, liée aux relations historiques entre la France et le continent africain, qui se matérialise par une surcharge de travail sur nos consulats. Je profite d’ailleurs de cette interview pour leur rendre un hommage appuyé car malgré l’accroissement des demandes auxquelles ils font face, malgré le peu de moyens dont ils disposent, ce qu’ils accomplissent relève parfois de l’inhumain ! Dans certains pays, la demande de visa en Afrique a doublé alors que les moyens humains ont été réduit à peau de chagrin.

Aussi, il convient de préciser que la France considère la mobilité entre le Nord et le Sud comme un élément essentiel de sa politique de rayonnement. Le Président a parlé de mobilité circulaire, de partenariat reconstruit.

Le visa est encore trop souvent considéré comme un irritant dans la relation qu’entretient la France avec le continent africain. Nous souhaitons, avec ma collègue Sira Sylla, simplifier la procédure de demande et ainsi nous joindre à l’ambition du Président de la République.

Prenons l’exemple de la Suisse, d’où je rentre justement d’une rencontre avec les membres du Parti radical genevois. Seulement 500 visas sont délivrés chaque année. À titre de comparaison l’Algérie représente 279.000 visas délivrés en 2019, le Maroc plus de 346.000.

Vous l’aurez compris le cas africain est par son ampleur crucial quand il s’agit d’évoquer la politique française des visas.

Quelles sont les difficultés rencontrées dans votre circonscription quant à la délivrance des visas ?

Les cas de figure sont multiples : étudiants, Français en couple avec un étranger, entreprises souhaitant faire venir des salariés pour une mission ponctuelle etc… Cependant, ce sont généralement les mêmes problèmes qui nous sont signalés : des délais trop longs, des tarifs élevés et surtout un taux de refus bien trop haut.

Ainsi, si le taux moyen de refus de visas est de 16,3 % au niveau mondial, il atteint 45 % pour les demandeurs en Algérie. Toute ces difficultés vont à l’encontre des engagements pris par le Président de la République lors du discours de Ouagadougou. Nous voulons y remédier.

   Tant que nous n’aurons pas vaincu cette pandémie, il faut s’attendre à des restrictions très sévères.

 

Comment la crise sanitaire a-t-elle impacté la mobilité légale ?

Évidemment le monde s’est bloqué. Les aller-retours sont devenus exceptionnels. Et l’espace Schengen s’est depuis plusieurs mois fermé. Ça ne concerne pas uniquement les Africains mais le monde entier.

Pour l’instant, il ne s’agit pas de mettre en place un passeport sanitaire mais simplement de s’assurer que les personnes qui viennent en France n’apportent pas de virus ou de nouvelles souches de virus avec elle. Tant que nous n’aurons pas vaincu cette pandémie, il faut s’attendre à des restrictions très sévères.

Or la question des visas est encore plus cruciale à l’heure de la pandémie. Si les visas ne sont plus octroyés, si le regroupement familial est suspendu, ce sont des vies qui sont mises entre parenthèse. Et cela n’est pas acceptable.

 

      Nous défendons le principe de mobilité entre la France et le continent africain.